La Vjosa, un trésor à découvrir
Aujourd’hui, parlons nature et protection environnementale en évoquant la superbe Vjosa en Albanie, reconnue de nos jours comme étant la dernière rivière sauvage d’Europe (rien que ça oui oui !).
Attention, cet article ne mettra peut-être pas tout le monde d’accord. Bien entendu, il ne faut pas faire de généralités et chaque individu est différent, néanmoins j’écris ces lignes par rapport à mon expérience personnelle dans les deux pays.
Qu’est-ce que la Vjosa ?
La Vjosa est une rivière de 272 kilomètres qui prend sa source en Grèce puis traverse le sud de l’Albanie d’est en ouest sur environ 200 kilomètres en serpentant entre superbes canyons et montagnes jusqu’à finir par se jeter dans la mer Adriatique. Elle est aussi appelée Aoos en Grèce, il s’agit de l’autre nom d’Adonis, amant de la déesse Aphrodite et symbole de la beauté absolue.
La Vjosa abrite environ 1200 espèces donc certaines apparaissent dans la liste des espèces en « danger critique » de l’UICN, (Union internationale pour la conservation de la nature).
À savoir : seulement un tiers des grands fleuves du monde n’ont pas subi des changements de la part de l’homme, la Vjosa est la dernière d’Europe.
Entre barrages, centrales hydroélectriques et aéroport…
L’Albanie ne produit pas d’énergie fossile. Pour cette raison, l’énergie hydroélectrique est produite en masse comme dans le reste des Balkans, même si certains se tournent désormais vers le solaire. De ce fait l’Albanie dépend plus ou moins d’une seule source, elle est donc logiquement surexploitée.
On parle aujourd’hui d’une quarantaine de projets de centrales hydroélectriques protégés grâce aux militants Albanais et internationaux qui se sont battus contre la destruction de cette nature abondante.
Un projet d’aéroport a même vu le jour dans le delta même de la Vjosa, à l’emplacement d’un ancien aéroport militaire qui est aujourd’hui peuplé par près de 200 espèces d’oiseaux différentes ! En effet, la lagune de Vjosa-Narta est une halte pour des milliers d’oiseaux migrants entre l’Europe et l’Afrique. Pour faire abandonner ce projet, une lettre a été adressée au Premier ministre Edi Rama ainsi qu’à la Commission européenne et à l’organisation internationale de sociétés de transport aérien (IATA). Afin d’appuyer l’importance de cette zone, ce n’est pas moins de 33 organisations issus de plus de 25 pays qui ont signé cette fameuse lettre.
Le gouvernement justifiait ce projet d’infrastructure en mentionnant le besoin de développer les revenus touristiques dans ce pays où le salaire ne dépasse que très rarement les 500€ par mois.
Néanmoins, cette fois-ci, la nature a gagné et le résultat a été sans appel. Pour aller plus loin, voici la lettre en question : https://tourduvalat.org/wp-content/uploads/2023/09/MAW-Letters_Vjosa-Narta.pdf
Un long combat…
Depuis plus 10 ans de nombreuses associations luttaient pour montrer à quel point il était important de préserver la rivière dans son état sauvage.
Afin de la protéger de la quarantaine de projets de centrales, les locaux et les associations ont mené un combat silencieux de 2010 à 2015. J’entends par là que de nombreuses études ont été menées sur ce fleuve afin d’avoir les résultats et arguments pour démontrer la nécessité de préserver cette rivière.
Une dimension internationale
Leonardo di Caprio est connu pour son militantisme environnemental (oui bon ça reste un millionnaire donc ne soyez pas surpris de le voir sur un yacht de temps en temps non plus). Cependant, il a pris parti pour la protection de la Vjosa et à utiliser ses réseaux sociaux pour sensibiliser et montrer l’avancée de la campagne.
En 2021, la célèbre marque Patagonia crée par l’alpiniste Yvon Chouinard a présenté une vidéo pour évoquer la beauté de la Vjosa mais surtout le combat mené par les locaux pour défendre cette rivière menacée par les nombreux projets de centrales hydroélectriques.
Un statut unique
Les associations et ONG se sont battues en demandant le statut de parc national. Le Premier ministre a tout d’abord refusé en indiquant que cela porterait atteinte à l’activité de plusieurs milliers de personnes. Ceux à quoi les locaux et ONG ont répondu que c’était faux et qu’au contraire, cela favoriserait l’agriculture durable et développerait l’écotourisme dans un pays où le tourisme a déjà fait perdre la tête à certains depuis quelques années. En effet, beaucoup privilégient l’argent et le rendement aux plans urbanistiques soucieux de l’environnement et de l’harmonie territorial.
Après plus de dix ans de combat, c’est en 2023 que la Vjosa et ses affluents ont obtenu le statut de « parc national de rivière sauvage » par le gouvernement albanais. Ce titre est une première en Europe et cela correspond au plus haut niveau de protection pour un parc naturel. Cela permettra entre autres de le protéger des barrages hydroélectriques et de tout autre projet pouvant porter atteinte à l’environnement et son écosystème.
Le parc national va désormais protéger plus de 1 000 espèces. C’est un lieu où il est possible de randonner, nager, faire du rafting ou bien encore camper pour les plus aventureux.
En conclusion…
Vous l’aurez compris, le combat n’a pas été un long fleuve tranquille (obligé de faire la blague), il aura duré plus de 10 ans, mais tout est bien qui finit bien pour la Vjosa.
Si vous allez en Albanie et que la cause environnementale est un sujet qui vous tient à cœur, n’hésitez pas à vous rendre dans une ville ou un village près de la Vjosa. À Qesarat par exemple, là où le fleuve s’élargit ou bien près du pont de Brataj. Plus les visiteurs seront nombreux le long de la rivière, plus les décideurs hésiteront à l’utiliser à des fins purement économiques dans le temps.
Comme toujours n’hésitez pas à me contacter pour élaborer un circuit qui vous ressemble en Albanie.

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